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La voix des femmes doit être le choix des femmes

Jody Dallaire, 30 novembre, 2011, L’Acadie Nouvelle

 
Comme le veut un vieil adage «pas d’imposition sans représentation». Les femmes sont sous-représentées à tous les ordres de gouvernement (tant chez les représentants élus que les hauts fonctionnaires), c’est une réalité.
Non, je ne prétends pas que les femmes ne devraient pas payer d’impôt. Ce que je dis, cependant, c’est que nous devons trouver des moyens efficaces pour garantir que les voix des femmes sont entendues par le gouvernement et que ces voix influencent les politiques publiques de façon à améliorer la vie des femmes.
Le Conseil consultatif sur la condition de la femme au N.-B. n’existe plus, car le gouvernement provincial l’a aboli. Toujours est-il que le gouvernement Alward devrait prendre les mesures qui s’imposent, c’est-à-dire faire participer les femmes et les organisations féminines dans le choix du mécanisme qui sera adopté par le gouvernement pour représenter les femmes.
Le Conseil consultatif sur la condition de la femme au N.-B. avait été créé afin d’assurer une voix indépendante à financement public, laquelle représente les intérêts des femmes du Nouveau-Brunswick. Il jouait deux rôles: 1) formuler des conseils en matière de politiques gouvernementales et 2) sensibiliser la population aux enjeux qui touchent directement les femmes. Avant l’abolition du conseil, les femmes pouvaient communiquer avec l’organisme si elles souhaitaient obtenir de l’information ou formuler leurs préoccupations. Le conseil avait aussi recours à des recherches d’experts pour compléter l’information et les opinions des Néo-Brunswickoises.
 
Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de participer à un sommet du gouvernement intitulé Voix des femmes du Nouveau-Brunswick. J’étais enchantée d’être invitée. J’étais aussi ravie de voir que, par la tenue de ce sommet, le gouvernement reconnaissait la nécessité d’une entité indépendante qui s’exprime au nom des femmes dans notre province. D’après les commentaires des participants aux activités du vendredi 4 novembre, une voix indépendante pour les femmes sera encore nécessaire pour de nombreuses années à venir, car de nombreux enjeux demeurent non résolus.
 
La méthode choisie par le gouvernement afin de consulter les femmes les 4 et 5 novembre laissait beaucoup à désirer. En effet, même si le sommet s’étendait sur deux jours, les participantes n’étaient pas invitées à participer aux deux journées. La première journée était réservée aux représentantes d’organismes, tandis que la seconde rassemblait les citoyennes ne représentant pas un organisme.
 
Le sommet visait à trouver une voix pour représenter les intérêts des Néo-Brunswickoises. Cependant, cet objectif n’était pas clair pour un grand nombre des participantes avec qui j’ai discuté. Ce qui est malheureux, c’est que le sommet ne prévoyait aucune séance plénière. Alors les participantes n’ont pas eu la chance de discuter, de délibérer et de prioriser les nombreuses options avancées afin d’aider le gouvernement à choisir le meilleur mécanisme de représentation des femmes.
 
Plusieurs femmes avec qui j’ai discuté après le sommet ne sentaient pas qu’elles ont eu un rôle à jouer dans le processus de consultation du gouvernement. À mon avis, le sommet constituait une première étape essentielle visant à susciter l’engagement des femmes. Il reste, par contre, encore beaucoup de choses à faire. Une autre discussion s’impose. Cette fois-ci, avec les citoyennes et les représentantes des divers organismes féminins dans une même salle. Ensemble, ces femmes discuteront et délibéreront les mécanismes possibles avancés et choisiront celui qui sera retenu par le gouvernement. Cette façon de faire est tout à fait logique. Si le mécanisme choisi par le gouvernement vise à représenter la voix des femmes, il me semble que c’est tout à faire normal que ce soit les femmes qui le choisissent. Cette démarche garantira l’appui de la population.
 
Le sommet Voix des femmes contraste grandement avec un autre processus d’engagement citoyen.
 
Il y a deux semaines, j’ai eu la chance d’entendre une allocution passionnée de Manon Massé, une activiste féministe québécoise. Lors de sa conférence, elle a expliqué pourquoi la Marche mondiale des femmes de 2000 était un si bel exemple de mobilisation internationale des citoyens.
 
Si la Marche mondiale des femmes ne vous dit pas grand-chose, c’était une idée lancée par le mouvement féministe du Québec qui a reçu un soutien partout dans le monde. En effet, la Marche mondiale des femmes a mobilisé d’innombrables hommes et femmes ainsi que plus de 6000 organismes communautaires venant de 65 pays. Chaque pays organisait ses propres marches. L’événement s’est terminé le 17 octobre 2000. Ce jour-là, des femmes de tous les continents – 10 000 femmes plus précisément – ont marché ensemble à New York.
 
Voilà un exemple d’engagement citoyen réussi.
 
Mme Massé a joué un rôle clé dans l’organisation de la Marche mondiale des femmes. Elle attribue une grande partie du succès de l’événement au fait que l’exercice partait de la base. Ce sont les femmes qui ont participé à définir l’événement et à en préciser les revendications. Les participants et participantes à la marche avaient deux grands objectifs: éradiquer la violence contre les femmes et la pauvreté. Comme nous le savons tous, la pauvreté touche un nombre disproportionné de femmes.
 
Il est vrai qu’un processus d’engagement aussi approfondi n’était pas nécessaire au Nouveau-Brunswick. N’empêche que le gouvernement aurait pu adopter une démarche plus inclusive dans l’organisation du sommet. Il aurait pu faire participer les femmes dans la planification de l’activité et faire circuler un document de consultation avant l’événement pour que toutes les participantes soient au même niveau. Selon moi, s’il avait agi ainsi, le gouvernement aurait pu éviter la confusion ainsi que les commentaires négatifs qui lui ont été adressés au terme du processus. Enfin, comme je l’ai mentionné plus haut, même si une multitude d’options de mécanismes pour représenter les femmes ont été avancées, aucun débat et aucune priorisation n’ont été faits par les participantes.
 
Il reste à voir si le gouvernement décidera d’engager les femmes et les organisations féminines dans l’exercice de priorisation et dans le choix du mécanisme qui représentera la voix des femmes dans cette province. Cela dit, le Comité ad hoc pour un conseil sur la condition de la femme, dont je fais partie, estime que les éléments suivants doivent absolument faire partie du mécanisme qui sera ultimement retenu par le gouvernement. Ces fonctions sont essentielles:
 
• Une voix forte et indépendante dans un contexte de sous-représentation des femmes au sein du gouvernement et dans une province où les femmes doivent encore lutter pour leurs droits et pour l’équité sociale et économique.
• La capacité de faire de la recherche et d’établir des liens de collaboration avec des institutions, organismes communautaires, groupes de défense de droits des femmes ou des chercheuses compétentes.
• L’accès à un numéro sans frais, permettant aux femmes d’obtenir de l’information sur les programmes et les services offerts à toutes les femmes dans la province.
• L’appui aux divers groupes de défense des droits des femmes et un partenariat avec ceux-ci.
 

Adopter ces fonctions garantira une juste représentation des femmes au Nouveau-Brunswick.

 

Women’s groups want more from gov’t; Committee says that the recent government-led summit didn’t allow for comprehensive discussion

Times & Transcript, Nov 15 2011

Members of the Ad Hoc Committee for a Council on the Status of Women held a press conference in Moncton yesterday to urge the government for a true public consultation on reinstating a provincial body which represents the voices of women.

In the wake of a province-led women’s summit in Fredericton over a week ago, the committee’s spokeswomen, Sarah LeBlanc and Jody Dallaire say that during the two-day event, the invited guests were not truly given the opportunity to choose how women in New Brunswick should be represented.

“Our biggest criticism is that the summit did not allow enough time to discuss what mechanism is needed in New Brunswick to continue advancing women’s equality now that the advisory council is no longer there,” said City of Dieppe councillor-at-large Dallaire.

“Several options were put forward but there was no space to discuss which option will best meet the needs of New Brunswick women.”

Many members of the Ad Hoc committee attended the summit, including Johanne Perron, the executive director of the New Brunswick Coalition for Pay Equity. She agrees with the committee’s stance that the summit wasn’t conducive to supporting all women in the province.

“It was the first step but we need to have much more discussion, and hear opinions of New Brunswick women,” she said.

The summit was organized in response to support of the council, abolished by the government in March due to funding cuts. Since the announcement, the Ad Hoc committee was formed.

The summit was organized by the Women’s Issues Branch of the Executive Council Office. The first day of the summit was for women representing organizations, and the second was reserved for individuals.

“There were options put on the table but no opinions were heard,” LeBlanc said.

“It’s logical to suggest that women need to discuss amongst themselves in the consultations so our message for the government is for them to include New Brunswick women in this decision making process.”

But Environment Minister Margaret Ann Blaney, who co-hosted the event with Justice Minister Marie-Claude Blais, says that the summit provided countless opportunities for women to voice their thoughts and that it wasn’t held by invite only.

“I know they have been saying this but it’s not the case,” she said from Saint John yesterday.

“The organizers messaged as many groups and organizations possible and put word out through social media. There were a lot of women there who felt identified and there was representation from so many diverse groups.”

Blaney says the weekend went over famously and herself, Blais and many female MLAs spoke about several solutions. Although one wasn’t endorsed by every person at the summit, she said that the ideas are creative and will be compiled together and sent out publicly as soon as possible.

“The feedback process will certainly continue.”

The Ad Hoc committee doesn’t believe that the current Women’s Issues Branch can serve New Brunswick women as did the council. If government won’t reinstate a council, they says that an alternative body needs to be developed, including some the following principles:

– Women must have an independent voice that’s recognized by the government, as was its predecessor;

– Its central role must be to advise the government on matters of interest and concern to women and bringing those matters to the public;

– It must be representative of all New Brunswick women (anglophones, francophones, Aboriginal women and minorities) and should be accessible to all;

– Sufficient resources must be allocated to enable success for its mission and mandate.

The committee, which is composed of individual and organizational members, is also compiling names in a petition to reinstate the council or a similar body. They launched it in April and have 800 names so far.

A similar process of a two-day summit was followed in the 1970s and ultimately led to the creation of the Advisory Council of the Status of Women.

Seven other provinces currently have women’s advisory councils.

L’abolition du Conseil sur la condition de la femme n’a toujours pas été acceptée

«Nous avons besoin d’une voix indépendante financée publiquement par le gouvernement»

Mathieu Roy-Comeau

Le 15 nov 2011

L’Acadie Nouvelle

MONCTON – Restées sur leur faim après le Sommet Voix des Femmes organisé par Fredericton au début novembre, les membres du Comité ad hoc pour un conseil sur la condition de la femme demandent une consultation élargie en vue du retour d’un organisme indépendant de défense des intérêts féminins financé par le gouvernement.

Le Comité ad hoc pour un conseil sur la condition de la femme n’est pas ressorti entièrement satisfait du Sommet Voix des Femmes orchestré par la Direction des questions féminines du Bureau du conseil exécutif, les 4 et 5 novembre. Les membres du comité issues de groupes de femmes, de syndicats, d’organismes de la société civile et de personnalités individuelles sont d’avis que le sommet «organisé sous format d’invitation» n’a pas permis suffisamment de «discussions ouvertes ».

Le sommet, coprésidé par les ministres Marie-Claude Blais et Margaret-Ann Blaney, était en quelque sorte la réponse de Fredericton aux récriminations de la population à la suite de l’abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick par le gouvernement de David Alward lors de son dernier budget.

Le comité ad hoc, créé au lendemain de la dissolution du conseil consultatif, et ses volontaires demandent au gouvernement de mener une véritable consultation provinciale auprès des femmes afin de «déterminer le choix final du nouveau mécanisme qui représentera les intérêts des femmes au Nouveau- Brunswick».

«La voix des femmes doit être le choix des femmes», lance l’une des porte-parole du comité, Sarah LeBlanc.

«Nous avons besoin d’une voix indépendante financée publiquement par le gouvernement. Un organisme qui peut faire de la recherche et de l’éducation populaire», ajoutet- elle.

Le comité réclame ainsi au gouvernement qui a aboli le conseil consultatif la mise sur pied d’un processus de consultation en vue de reconstituer un organe du même genre.

«Tout laisse entendre que si la volonté est là de la part des femmes et de leurs groupes pour participer dans le choix (de création d’un conseil sur la condition de la femme), le gouvernement sera ouvert à cette demande-là», estime une deuxième porte-parole, Jody Dallaire. «Lors du sommet, les ministres Blais et Blaney ont dit qu’il s’agissait du début du processus, donc nous espérons qu’il nous sera possible de dialoguer avec elles», souhaite Mme LeBlanc.

Le comité croit possible de faire jaillir des cendres du conseil consultatif un organisme encore plus efficace que son prédécesseur. «Avant qu’il soit aboli, le conseil consultatif représentait surtout les différentes régions, mais il n’y avait pas de représentation de communautés d’intérêts. On peut toujours faire mieux et nous sommes ouverts à créer quelque chose qui ressemble ou non au conseil pour autant que ses fonctions sont remplies», explique Mme Dallaire.

En plus des fonctions déjà énumérées, l’organisme devrait être en mesure d’appuyer divers groupes de défense des droits des femmes et offrir une ligne téléphonique sans frais pour renseigner les femmes au sujet des services disponibles dans la province. Les membres du comité espèrent maintenant rencontrer les ministres Blais et Blaney afin de leur faire part de leur demande. ■

L’Acadie Nouvelle

Actualités, vendredi 1 avril 2011, p. 6

Les voix se multiplient pour sauver le Conseil sur la condition de la femme

Justin Dupuis

MONCTON – Près de 40 organismes néo-brunswickois s’unissent afin de dénoncer l’abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick.

C’est aujourd’hui que disparaît officiellement le Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick, une décision qui découle du tout premier budget du gouvernement de David Alward et qui aura pour conséquence d’intégrer les activités de l’organisme au sein de la Direction des questions féminines du Bureau du Conseil exécutif.

En termes clairs, le Conseil perd son indépendance vis-à-vis du gouvernement.

Hier, 38 organismes communautaires et syndicats ont uni leurs voix pour dénoncer cette mesure (la liste complète des groupes peut être consultée au www.capacadie.com).

Les groupes qui demandent le rétablissement du Conseil consultatif sur la condition de la femme ont souligné que le financement public de la dernière année financière pour la promotion et la mise en oeuvre de projets dans l’intérêt des droits des femmes ne représentait que 0,05 % du budget de la province.

La décision du gouvernement est injuste, soutiennent-ils, puisque le gouvernement a demandé à la plupart des ministères d’effectuer des compressions budgétaires de 2 % alors que la disparition du conseil représente une diminution de 9 % des fonds accordés pour les questions féminines.

Les porte-parole des groupes présents ont expliqué que le Conseil consultatif sur la condition de la femme s’avérait un outil précieux en vue d’appuyer leurs revendications.

«Nous ne sommes pas un organisme voué à la recherche et à la compilation de statistiques, explique Jody Dallaire, présidente de la Coalition pour les services de garde à l’enfance du Nouveau-Brunswick. On se fiait au travail du Conseil consultatif sur la condition de la femme afin d’élaborer un portrait de la situation des femmes. Combien y en a-t-il sur le marché du travail? Ont-elles des enfants? Ont-elles accès à des services de garde? Nous utilisions ces données pour pouvoir orienter notre travail et évaluer les progrès que nous avons faits.»

«Les directrices générales des différents organismes qui travaillent pour les femmes n’ont pas le temps de faire de la sensibilisation et d’écrire des articles dans les journaux, dit pour sa part Tina Thibodeau, directrice générale de Carrefour pour femmes. Le conseil était important à cet égard.»

Mme Dallaire rappelle que plusieurs des organismes qui militent pour le droit des femmes disposent déjà de trop peu, ou pas de ressources financières et que la compilation de statistiques leur donnera davantage de travail, laissant moins de place pour la revendication ou l’offre de service.

Encadré(s) :

LES FEMMES N’ONT PAS ATTEINT L’ÉGALITÉ

MONCTON – Sandy Harding, vice-présidente des questions féminines à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Nouveau-Brunswick, précise que le Conseil consultatif sur la condition de la femme accomplissait énormément de travail avec peu de moyens, soit un peu plus de 400 000 $ annuellement.

«C’est naïf de ce gouvernement de croire que les femmes ont atteint l’égalité, a-t-elle dit au journal. C’est triste qu’en 2011 nous en sommes à nous battre contre l’abolition du conseil. C’est important, c’est une voix indépendante pour les femmes.»

Carrefour pour femmes rappelle pour sa part que le conseil avait un accès direct aux décideurs, un accès fort important afin qu’ils comprennent bien les problèmes de plusieurs Néo-Brunswickoises.

«Nous venons en aide aux femmes victimes de violence familiale, relate Mme Thibodeau. Nous voyons tous les problèmes avec lesquels elles doivent composer quotidiennement et elles ont donc besoin d’une voix indépendante au gouvernement pour qu’il puisse prendre connaissance de ces difficultés.» – JD

L’Acadie Nouvelle
Actualités, vendredi 1 avril 2011, p. 6

Le gouvernement Alward dans l’illégalité?

Philippe Murat

FREDERICTON – En mettant fin au financement du Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick, le gouvernement Alward s’est mis hors-la-loi.

Le 17 décembre 1975, la loi créant le Conseil consultatif sur la condition de la femme a reçu la sanction royale. Cette loi a été proclamée et est entrée en vigueur le 1er décembre 1977.

L’article 9(2) de la loi se lit comme suit: «Chaque année, le ministre des Finances doit prélever sur le Fonds consolidé et verser au conseil les crédits que l’Assemblée législative a affectés au fonctionnement du conseil».

En décidant de couper les vivres au conseil, le gouvernement conservateur de David Alward aurait dû prévoir l’abrogation de cette loi adoptée par un autre gouvernement bleu, celui de Richard Hatfield.

Malgré tout, le premier ministre a clairement signifié qu’il n’était nullement question de revenir sur la décision de cesser de financer le Conseil consultatif sur la condition de la femme.

«Il y a plusieurs organisations au Nouveau-Brunswick qui travaillent à sensibiliser les gens à propos des différents défis, et ces différents groupes ne reçoivent pas un budget du gouvernement», a indiqué M. Alward devant le Palais législatif.

Au moment où il faisait cette déclaration, un petit groupe de manifestants s’était rassemblé devant l’édifice pour tenter de convaincre le gouvernement de revenir sur sa décision et de sauver le Conseil consultatif sur la condition de la femme.

La manifestation s’est tenue alors que les parlementaires se préparaient à débattre d’une motion de l’opposition officielle qui visait à restaurer le financement du conseil.

Comme on s’y attendait, la motion a été défaite.

Mais les élus du gouvernement ont répété pendant le débat qui a précédé le vote qu’il fallait bien faire des économies quelque part.

Cette position attriste Wendy Robbins, professeure d’Études féminines à l’Université du Nouveau-Brunswick.

«Dans les années 1970, il y a eu la création dans chaque province et territoire et aussi à Ottawa des conseils sur la situation de la femme. Il n’en reste qu’une demi-douzaine», déplore Mme Robbins.

«Dans l’ouest, il n’y en a plus et à Ottawa, en 1995, le Conseil consultatif a été aboli», dit-elle.

Si la tendance se maintient, ces institutions, créées dans la foulée du mouvement pour l’égalité des sexes, ne seront bientôt qu’un souvenir au Canada, car elles sont une à une sacrifiées pour des considérations d’ordre économique.

Entre-temps, il semble que le combat pour la sauvegarde du conseil soit loin d’être terminé, car le gouvernement sera contraint d’abroger une loi s’il ne change pas sa position.

Ce qui fait que l’on n’a pas fini d’entendre parler de ce Conseil consultatif sur la condition de la femme au N.-B.

L’Acadie Nouvelle
Commentaire, vendredi 1 avril 2011, p. 13

Une décision lourde de conséquence
La mémoire des femmes, c’est pour toujours…

Marie-Thérèse Seguin

Pourquoi supprimer le Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick?

Le choc a été grand pour nombre de citoyennes et de citoyens de cette province en apprenant, dans la foulée des mesures budgétaires de la semaine dernière, que le Conseil consultatif allait être supprimé. Depuis, réactions et manifestations ne cessent de se signifier aux yeux et aux oreilles de notre gouvernement et, tout particulièrement, du premier ministre Alward. La question que nous avons en tête est la suivante: pourquoi supprimer ce conseil? Puisque la réflexion est ouverte à tous et à toutes, voici la mienne. Elle se décline autour de cinq points.

Le fondement de l’existence du CCCF-NB

C’est par une loi votée par l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick que ce conseil a été créé le 1er décembre 1977. Le gouvernement d’alors, dirigé par Richard Hatfield, s’est empressé de donner vie à cette instance en lui assurant les subsides qui lui étaient nécessaires. Important donc de souligner, ici, que le conseil n’a pas été créé par la bonne volonté d’un gouvernement, si louable aurait-elle pu être, mais bien par la volonté politique du pouvoir législatif, par les représentants du peuple citoyen. Le conseil est donc né, non pas pour «faire partie» du gouvernement, mais bien pour être cette entité indépendante, située à l’interface de la société civile et du gouvernement. De par son identité, son rôle était donc déjà dessiné: le conseil allait être ce relais indispensable pour, à la fois, sensibiliser la province sur les conditions de vie des femmes et porter aux oreilles des gouvernements successifs les analyses et les conseils avisés. Il était entendu que pour jouer ce rôle, ce conseil devait se situer dans une relation d’extériorité, à distance du gouvernement, afin de pouvoir le conseiller en toute indépendance. Durant les 34 dernières années, cet organisme a amplement prouvé son efficacité et a témoigné de sa fidélité à cette mission.

La nature de la décision gouvernementale

En cessant de soutenir financièrement ce conseil, le premier ministre Alward a décidé, de facto, de signer la fin de son existence. Le choc, pour toute la province, est de taille! Les explications qui nous sont données par les ministres Higgs, Blaney et William, concernant le «devenir» du conseil, ne sont pas convaincantes, car elles nous semblent être erronées. En effet, ces ministres nous disent que le conseil ne disparaît pas…, qu’il sera transféré à la Division gouvernementale des questions féminines. Si tel est le cas, nous disons que ces explications ne peuvent nous satisfaire, car elles détournent la raison d’être de ce conseil! Glissement de sens très grave puisque, s’il maintient sa décision budgétaire, ce gouvernement s’arroge le droit de changer la «nature» d’une décision prise par les représentants de l’État. Impossible, pour nous, d’accepter qu’une telle confusion se produise au plus haut rang du gouvernement, dont la mission première est de respecter, d’exécuter, de se porter garant des décisions législatives. Il ne s’agit pas d’un «transfert», car si quelques personnes et opérations de l’équipe du conseil vont être dorénavant intégrées à la Division des questions féminines, cela ne veut pas dire un transfert, mais bien une abolition. Seul, il y a «transfert» lorsqu’un élément passe entre deux entités de nature équivalente. Or, dans le cas qui nous préoccupe, il n’y a pas d’équivalence de nature entre la Division des questions féminines et le CCCF-NB. C’est là que, bien évidemment, l’Assemblée législative, «génitrice» de ce conseil, doit se prononcer.

Les raisons

La question est posée: pourquoi le premier ministre Alward a-t-il décidé d’abolir le conseil? Question lourde de sens à laquelle seul lui-même peut répondre. Pour notre part, nous essayons de comprendre en laissant voyager dans notre tête ce qui aurait pu motiver une telle décision. Serait-ce, dans la foulée des décisions difficiles et «justifiées» par l’ambiance des compressions budgétaires actuelles, pour faire des économies? Nous ne pouvons pas souscrire à cette raison, car que représentent 400 000 $ et quelques poussières dans le budget provincial? Serait-ce alors parce que ledit conseil «dérangerait» le gouvernement? Face à cette question, nous restons dubitatives. Tout au cours de son existence, nous avons vu que ses activités ont été honorables, avisées, utiles, parfois modestes, car scandées au gré des diminutions budgétaires, mais toujours éclairantes. Serait-ce enfin un «oubli» de la part de l’exécutif, donc du premier ministre actuel, de la raison d’être du CCCFNB? C’est-à-dire, de son identité? De son rôle? Doté d’une identité indépendante du gouvernement, le conseil a été créé pour jouer ce rôle d’interface essentiel dans le fonctionnement démocratique que lui avait conféré l’Assemblée législative en 1977.

Cette dernière voie me semble peut-être être celle dans laquelle nous pourrions inscrire la raison de cette malheureuse décision gouvernementale. Ce qui est grave, car, de la part d’un gouvernement, «oublier» ou ne pas être le garant du fonctionnement démocratique de notre société, cela ne peut que nous inquiéter.

Les conséquences

Cette décision politique a une double portée. La première, elle est concrète: la fin du financement du conseil veut tout simplement dire que les vivres sont coupés et que le décès du conseil se produira sous peu. Cela veut dire que les groupes de femmes perdent ce levier important pour faire entendre les questions cruciales des conditions de vie des femmes de cette province. La deuxième, elle est symbolique: il s’agit d’un message négatif à l’égard des femmes. Chose étonnante puisque le premier ministre lui-même, lorsqu’il était candidat, avait pu «séduire» les femmes en leur disant qu’il comptait travailler étroitement avec le conseil. Que s’est-il passé, Monsieur Alward, pour que se produise si rapidement un tel désenchantement? S’il n’y a pas de renversement de cette décision, la conséquence sera lourde de sens: M. Alward restera le premier ministre qui, dès son premier budget, aura supprimé cette instance si importante pour les femmes.

La réaction citoyenne

Elle est celle de la résistance, car c’est un droit (2). Celle du peuple souverain. Celle de citoyennes et des citoyens engagés dans la vie démocratique de leur société. Celle de gens qui savent combien est importante la voix indépendante et officielle des femmes, compte tenu des disparités fondamentales qui existent encore entre les hommes et les femmes: iniquité salariale, violence familiale, sous-représentation des femmes dans la sphère politique.

C’est la raison pour laquelle la voix citoyenne demande au premier ministre Alward d’annuler sa décision d’abolir ce conseil et à l’Assemblée législative de se prononcer.

Les femmes du Nouveau-Brunswick demandent aussi au «Caucus des femmes» du parti actuellement au pouvoir de se signifier. Ce caucus qui s’est formé au lendemain des dernières élections pour, selon la ministre Blais, «parler ouvertement des questions qui nous touchent comme femmes». (3)

Il serait sans doute mieux que le premier ministre Alward annule sa décision, car, nous le savons, quatre ou cinq années, c’est toujours court. Mais la mémoire des femmes, c’est pour toujours…

2. Le philosophe John Locke l’a si bien expliqué dans son Deuxième Traité du Gouvernement civil. C’était en 1690.

Le Moniteur Acadien (Shédiac, NB)
Actualités, mercredi 30 mars 2011, p. 4

Opinions du lecteur

M. Alward, renversez votre décision!

Si les femmes peuvent maintenant voter, posséder de la propriété privée et présenter leur candidature aux élections, c’est parce que d’autres se sont battus pour acquérir ces droits. Enlever les barrières pour faciliter notre pleine participation à la société ne se fera pas toute seule. Ça ne s’est jamais produit comme cela dans le passé.

La démocratie est parfois difficile et les divergences d’opinion font partie de n’importe quelle démocratie saine. Le progrès sort de ces différences.

Le gouvernement Hatfield a réalisé ceci quand il a créé le Conseil consultatif sur la condition de la femme du Nouveau-Brunswick. En 1974, les femmes du Nouveau-Brunswick ont organisé une conférence menant à la création d’un comité ad-hoc visant la création d’un Conseil consultatif sur la condition de la femme. Une loi créant le Conseil consultatif mena aux premiers appointements en décembre 1977.

À ce moment, et encore aujourd’hui, il existe un déficit démocratique au Nouveau-Brunswick et au Canada. Seulement un petit pourcentage de nos députées élues sont des femmes. Les femmes sont aussi sous-représentées sur les conseils d’administrations et les commissions ainsi que dans les postes de haute direction.

Le Conseil consultatif sur la condition de la femme, en résumé, assure que les dossiers qui importent aux femmes demeurent sur l’ordre du jour du gouvernement et du public. Il fait aussi de la recherche, publie des rapports et tient des événements publics gratuits afin d’assurer la diffusion de ces renseignements.

Le gouvernement dit que des considérations budgétaires sont à la base de la décision d’abolir le Conseil consultatif. En réalité, les épargnes budgétaires sont minimes. Il y a d’autres raisons qui motivent cette décision.

La décision du gouvernement d’abolir cet organisme essentiel m’attriste. Il se peut que les ramifications de cette décision ne se feront pas sentir aujourd’hui ou demain. Une chose est sure, par contre, à la longue, nous serons tous et toutes perdant car notre démocratie aura perdu une perspective importante.

J’ajoute ma voix aux autres qui demandent au premier Ministre Alward de renverser la décision de son gouvernement et de remettre sur pied le Conseil consultatif sur la condition de la femme du NouveauBrunswick.

Jody Dallaire

Dieppe

Le Moniteur Acadien (Shédiac, NB)
Actualités, mercredi 30 mars 2011, p. 7

Abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme
Le regroupement féministe implore Alward de revenir sur sa décision

MONCTON – Après 35 ans d’existence, le gouvernement Alward a aboli le Conseil consultatif sur la condition de la femme du Nouveau-Brunswick (CCCFNB).

«L’abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme est une décision inacceptable pour les femmes du Nouveau-Brunswick. Le premier ministre (David Alward) brise ainsi sa promesse électorale de travailler davantage avec le Conseil consultatif sur la condition de la femme. Nous lui demandons de revoir sa décision», a déclaré, la semaine dernière, Estelle Lanteigne, présidente du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB).

«Il est faux que les fonctions et les ressources du Conseil consultatif seront transférées à la Direction des questions féminines du gouvernement. La Direction effectue un travail crucial, mais ne peut pas remplir la fonction indépendante du Conseil consultatif. Si le Conseil est aboli, nous n’aurons plus d’information et d’analyse indépendante sur la condition des femmes au Nouveau-Brunswick. Il faudra simplement se fier à ce que le gouvernement nous dira. Pour ce qui est de la réallocation des ressources, seulement 76 000 $, c’est-à-dire 18% du budget total, seront transférés à la Direction des questions féminines», a ajouté Mme Lanteigne.

«Le gouvernement dit vouloir que ses actions soient efficaces et efficientes. Comment pourra-t-il comprendre l’impact de ses actions sur sa population s’il n’a pas accès à des données sur les femmes, qui représentent 51% de celle-ci?», a conclu la présidente.

Réduire le déficit sans casser des oeufs

L’Acadie Nouvelle Chronique, lundi 28 mars 2011, p. 11

Personne n’aime ces périodes d’austérité. C’est un mal nécessaire. Ce qui soulève en même temps des questions sur des choix stratégiques qui sont douteux.

Luc Desjardins

Dans l’état des finances publiques de la province, les contribuables que nous sommes pouvaient s’attendre au pire. On était prêts à prendre la pilule. Le premier budget de l’administration Alward est tombé et, somme toute, la réaction est assez favorable. Il y a bien sûr des irritants. C’était prévisible. Mais dans l’ensemble, c’est un peu ce à quoi on s’attendait. Hausse des revenus par l’augmentation des frais de toutes sortes, en particulier la hausse de la taxe sur les produits pétroliers et la traditionnelle hausse sur le tabac. Et une compression des dépenses, notamment un gel de l’embauche et des salaires dans la fonction publique.

De façon globale, les hausses de revenus sont de l’ordre de 241 millions et la compression des dépenses de l’ordre de 132 millions. Ce qui fera passer le déficit annuel de 740 millions en 2010-2011 à 449 millions en 2011-2012. On n’est pas encore au déficit zéro, mais on s’aligne sur la voie y menant. Et le pire est à venir, nous dit-on déjà pour mieux nous y préparer.

Le ministre des Finances, Blaine Higgs, a annoncé ses couleurs. Il y a une rationalisation qui s’en vient au niveau des écoles et des hôpitaux. Ce qui va soulever, on s’entend, un tollé dans les communautés locales de la province. D’ailleurs, je l’ai déjà dit, le ministre Higgs va devenir le personnage le plus honni de la province. Parce qu’il va personnifier les coupes. À moins qu’il réussisse le coup de Paul Martin, le ministre des Finances de Jean Chrétien qui a opéré le coup de barre fédéral en pelletant son déficit dans la cour des provinces. Sauf qu’ici, Higgs n’a pas ce luxe. Il va devoir, un jour ou l’autre, prendre sa pilule politique, lui aussi! ???

Personne n’aime ces périodes d’austérité. C’est un mal nécessaire. Ce qui soulève en même temps des questions sur des choix stratégiques qui sont douteux. J’en retiens deux pour l’instant.

D’abord l’abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick. Cet organisme a été créé en 1977 pour faire de la recherche-action dans le domaine de l’égalité des genres. Essentiellement promouvoir le statut de la femme dans la société et mieux articuler les enjeux propres à la condition féminine. En plus de 30 ans d’existence, bien du chemin a été parcouru, au point où le gouvernement Alward a choisi que le Conseil consultatif sur la condition de la femme n’était plus essentiel en 2011. L’argumentaire soutenant la coupure est plutôt faible. On nous dit que ça va épargner quelque 418 000 $. Or, en même temps, on nous dit que trois des quatre et demie employées actuelles du Conseil consultatif sur la condition de la femme vont être intégrées à la Direction des questions féminines rattachée au Bureau du Conseil exécutif. Le montant d’argent qu’on va réellement épargner me semble tout à fait aléatoire. Les questions féminines, nous dit-on, seront toujours à l’ordre du jour. Sauf qu’elles seront désormais muselées.

En fait, ce qu’il faut aussi savoir, c’est que l’abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme s’inscrit dans le courant idéologique de la famille conservatrice. Le gouvernement Harper a procédé aux mêmes coupes au niveau fédéral auprès des regroupements de défense des droits de la femme. Le faux-fuyant financier est un leurre, une peccadille. C’est, à mon sens, davantage un message idéologique coûteux pour une société qui vise à l’égalité réelle entre les genres. C’est aussi un pied de nez aux femmes. On peut couper. Je dirais même plus: il faut couper. Mais de grâce, coupons pour les bonnes raisons! ???

Le deuxième irritant que je retiens est tout aussi incompréhensible. Le budget Higgs abolit le crédit d’impôt offert à l’industrie cinématographique du NouveauBrunswick. Quelle erreur, tant sur le plan économique qu’artistique!

L’industrie cinématographique de la province n’en est qu’à un état embryonnaire. Elle est néanmoins plus que prometteuse. On n’a qu’à penser aux succès récurrents de la série Belle-Baie. Combien de producteurs, cinéastes, acteurs, techniciens, éclairagistes, d’hôteliers, voyagistes et autres collaborateurs vont être affectés? Des gens qui oeuvrent et bénéficient de ce domaine pointu de l’expression artistique. Un domaine d’avenir s’il en est un dans notre monde aux accents médiatiques. Un secteur de l’activité économique qui a souffert trop longtemps d’un certain dédain de la classe industrielle et commerçante dite «officielle». Cette même classe qui, pourtant, s’empiffre de subventions, de crédits d’impôts et d’échappatoires de toutes sortes. Tout ça au nom de la création d’emplois.

Pourquoi s’en prendre à un secteur fleurissant, créateur d’emplois et d’économie? Surtout un secteur qui nourrit nos créateurs, idéateurs et autres fleurons de l’ère moderne. ???

Il y aura d’autres irritants. Jusqu’à ce qu’on soit irrités. On ne fait pas une omelette sans casser des oeufs. Ce faisant, il faut savoir que l’atteinte de l’équilibre budgétaire est un exercice bien périlleux. Les contribuables sont prêts à s’y astreindre. Pour peu que ce ne soit pas fait par une vision idéologique obtuse des choses. Et bonne semaine!

Les appels se multiplient en faveur du Conseil sur la condition de la femme

L’Acadie Nouvelle Actualités, samedi 26 mars 2011, p. 7 Philippe Murat

FREDERICTON – De plus en plus de voix s’élèvent pour demander au gouvernement Alward de revenir sur sa décision d’abolir le Conseil consultatif sur la condition de la femme. L’opposition libérale entend profiter du mécontentement que suscite cette décision. Elle présentera la semaine prochaine une motion visant à inciter le gouvernement à revoir sa position

La Fédération des travailleurs et des travailleuses du Nouveau-Brunswick demande à son tour au gouvernement Alward de ne pas mettre un terme au financement accordé au Conseil consultatif.

«C’est une très mauvaise décision», selon Michel Boudreau, président de la Fédération.

«On ne comprend pas comment un gouvernement qui avait promis de travailler avec le Conseil consultatif sur la condition de la femme choisit de l’éliminer sans aucune consultation», s’indigne le syndicaliste.

Dans une lettre envoyée à la ministre responsable de la Condition de la femme, Margaret-Ann Blaney, la FTTNB se dit être «en état de choc» devant cette décision.

«Il semble assez mesquin de la part de votre gouvernement de diminuer de 9 % les allocations budgétaires destinées aux questions féminines», écrit M. Boudreau dans la lettre qui est cosignée par la viceprésidente aux questions féminines du syndicat.

Il souligne également que les compressions devaient être de l’ordre de 2 % dans tous les ministères.

De son côté, le directeur général de l’Association des travailleurs sociaux du Nouveau-Brunswick, Miguel LeBlanc, est lui aussi déçu par la disparition du Conseil consultatif sur la condition de la femme.

«Nous trouvons très regrettable que cette agence indépendante du gouvernement n’existera plus», a dit M. LeBlanc.

Il rappelle que les travailleurs sociaux travaillaient en étroite collaboration avec le Conseil consultatif sur la condition de la femme.

«Nos membres qui travaillent en première ligne utilisaient les données recueillies par le Conseil consultatif et nous trouvons que la disparition de cet organisme est une grosse perte», a-t-il ajouté.

© 2011 L’Acadie Nouvelle. Tous droits réservés.

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VOTE LIBRE?

L’Acadie Nouvelle Actualités, samedi 26 mars 2011, p. 7

FREDERICTON – L’opposition libérale a l’intention de présenter en Chambre, la semaine prochaine, une motion qui invitera le gouvernement à restaurer le financement de cet organisme indépendant qu’est le Conseil consultatif sur la condition de la femme.
Les libéraux profiteront de la journée réservée à l’opposition, jeudi, pour tenir un débat sur la motion.

Le chef de l’opposition officielle Victor Boudreau estime qu’il est insensé de mettre fin aux activités de cette institution qui veille aux intérêts des femmes depuis 1977.

«Nous allons aussi demander que le premier ministre tienne au moins des promesses qu’il a faites pendant la dernière campagne électorale, soit de permettre plus de votes libres de députés», a souligné M. Boudreau.

«Le caucus conservateur a huit femmes sur ses bancs. Nous serions très intéressés de voir quelle est l’opinion de ces huit femmes-là, alors nous demandons au premier ministre de permettre un vote libre sur cette question», a déclaré le chef libéral par intérim. – PM

© 2011 L’Acadie Nouvelle. Tous droits réservés.

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Réactions à l’abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme du N.-B. dans la section Commentaires, samedi 26 mars L’Acadie Nouvelle:

MARTIN DUFRESNE, Collectif masculin contre le sexisme, Montréal, Québec:

Monsieur Alward, Je suis très surpris et profondément attristé par la décision de votre gouvernement de supprimer le Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick (CCCFNB). Cet organisme constitue – et demeurera, j’espère – un modèle à travers le Canada, un phare sur la voie d’une société équitable.

Publiée dans un grand quotidien, Mme Elsie Hambrook nous a habitués à des analyses à la fois humanitaires et exigeantes des enjeux d’égalité entre les sexes, à l’avantage de votre gouvernement aux yeux du public. Je ne suis ni un Néo-Brunswickois ni une femme, mais j’ai toujours aimé diriger les lecteurs des médias sociaux vers ses textes au ton chaleureux.

Sacrifier une telle vitrine me semble être une grave erreur au moment où les gouvernements de notre pays cherchent des véhicules crédibles pour sensibiliser les populations au bien commun et les garder informés et motivés.

Encore le week-end dernier, Mme Rosella Melanson a donné à Montréal une conférence animée sur le modèle scandinave de soutien des femmes en prostitution et de véritable sanction de leurs exploiteurs. Les applaudissements furent retentissants, comme risquent d’être pour votre gouvernement les conséquences politiques d’une décision malheureuse.

Veuillez s’il vous plaît réexaminer cette décision: les femmes de qualité sont difficiles à trouver – et ne devraient pas être rejetées aussi cavalièrement quand elles ont un aussi excellent bilan que le CCCFNB – et son organisme frère au Québec, le très populaire Conseil du statut de la femme.

JEANNE D’ARC GAUDET, Moncton:

Après les dernières élections tenues au Nouveau-Brunswick, qui ont permis d’élire un nouveau gouvernement conservateur, j’étais parmi ceux et celles qui croyaient qu’il faut donner la chance à un nouveau premier ministre et son gouvernement de faire ses preuves avant de le condamner. Cela dit, deux décisions prises par ce nouveau gouvernement, aujourd’hui et un peu plus tôt cette semaine, me laissent perplexe et viennent remettre en question ma position face à ce gouvernement.

Il s’agit d’abord de l’annonce faite mardi d’abolir le Conseil consultatif sur la condition de la femme et, la seconde, celle de ne pas aller de l’avant avec la création d’un centre sur le cancer du sein, annoncée en août dernier par le gouvernement précédent et qui devait être hébergé au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, dans l’édifice de l’ancienne école Vanier. Je ferai remarquer que ces deux décisions concernent directement les femmes de cette province.

Nos comportements et nos actions sont souvent influencés par nos croyances, nos valeurs et nos convictions. Or, ces deux décisions prises par le gouvernement m’apparaissent assez révélatrices d’une vision gouvernementale qui n’accorde pas beaucoup d’importance aux préoccupations des femmes ni à leurs revendications en vue de faire respecter des droits durement acquis au cours des dernières décennies.

Autrement dit, malgré les avancés des dernières années en termes de justice sociale et d’équité, on a encore besoin, en 2011, d’un mécanisme indépendant qui conseille le gouvernement en place sur des enjeux liés à la qualité de vie des femmes et de leurs familles.

Ayant moi-même occupé le poste de présidente du Conseil consultatif pendant plusieurs années, j’ai dû, à quelques reprises, travailler avec de nouveaux élus et élues politiques pour les conscientiser et les convaincre de l’importance pour une société comme la nôtre de reconnaître le rôle que joue un organisme tel que le Conseil consultatif sur la condition de la femme dans une province pour assurer sa santé démocratique.

Le message que l’on renvoie aux citoyennes et aux citoyens de cette province depuis quelques jours n’est pas très réjouissant. Il semblerait que les questions qui préoccupent les femmes seront traitées à l’interne dans un ministère quelconque. Je comprends que la stratégie choisie par ce gouvernement est une autre manière de réduire le pouvoir des femmes et de les museler parce qu’elles auront plus difficilement accès aux informations pertinentes leur permettant de dénoncer des actions, des attitudes et des comportements qui les rendent invisibles.

Ce sont des nouvelles qui nous sont tombées dessus comme un tsunami et pour lesquelles les femmes n’ont pas été consultées. Pourtant, ce même gouvernement a souvent reproché à l’ancien gouvernement de ne pas consulter sa population sur des décisions qui les touchaient de près.

© 2011 L’Acadie Nouvelle. Tous droits réservés.

RACHELLE POIRIER, Shédiac:

Monsieur David Alward Premier ministre du N.-B. En annonçant l’abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme et l’élimination du crédit d’impôt cinématographique et télévisuel, le gouvernement conservateur affiche ses vraies couleurs idéologiques: les questions touchant la situation des femmes ainsi que les arts et la culture ne sont pas des priorités, et on ne reconnaît pas que les femmes et les artistes participent de façon importante à l’économie de la province. On a bien senti que ce n’est pas une question financière, mais bien de vision et de valeurs, car ces deux coupes apportent peu d’économies à la province.

De plus, il est frustrant de constater que le gouvernement a fait la sourde oreille aux demandes répétées d’individus et de groupes qui demandaient l’annulation de la réforme sur l’impôt instauré par le précédent gouvernement libéral. Une mesure qui profite aux bien nantis et qui enlève des millions de dollars de revenus à la province.

Ensemble, les libéraux et les conservateurs, par les mauvaises décisions du passé, ont créé ce fiasco financier. M. Alward, vous nous aviez dit que vous alliez faire les choses différemment. La promesse est déjà brisée.

© 2011 L’Acadie Nouvelle. Tous droits réservés.

FRANÇOIS CHAPRON, Moncton:

Monsieur Alward, C’est avec une profonde tristesse que je viens d’apprendre cette nouvelle aberrante: votre décision d’abolir le Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick. Je n’ose pas y croire, une erreur a dû se produire.

Ce Conseil est un organe majeur pour les droits et la représentation des femmes dans la province. Il est un guide et une aide autonome pour tous les autres organismes connexes livrant le même combat et défendant ce principe essentiel, à savoir l’égalité des sexes. En abolissant le Conseil, vous ôtez toute transparence pour ses pairs, mais surtout vous supprimez un maillon d’une chaîne fragile qui s’efforce de se consolider depuis des années.C’est honteux et inacceptable.

Par la présente, je vous conjure de revoir votre décision invraisemblable, cette dernière ne peut que nuire aux intérêts de la société, à l’évolution des mentalités et à toutes les femmes du Nouveau-Brunswick, cela va sans dire. Souvenez-vous de la Journée internationale de la femme, il me semble qu’elle n’est pas si loin dans les mémoires. En plus de briser votre promesse, voulez-vous aussi briser cet espoir d’égalité? S’il vous plaît, réfléchissez-y…

(Une personne qui croit encore, qui est en colère, et qui diffuse ses idéaux.)

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